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Le 05-10-2009 © Beskid Info
Il y a soixante-dix ans, le mardi 5 octobre 1939, Hitler paradait à Varsovie. Déjà venu fin septembre observer le bombardement, le Führer avait eu à cœur de solenniser son triomphe. Il se fit cette fois conduire depuis l'aérodrome d'Okęcie jusqu'à la place Piłsudski, puis remonta le Faubourg de Cracovie et Nowy Świat en direction des allées Ujazdowskie, où eurent lieu un défilé militaire et une revue des troupes, entrées dans la capitale le 1° octobre. De sa Mercedes décapotable, le dictateur ne croisa pas le regard des vaincus, puisque la population avait été cantonnée chez elle et qu'ordre avait été donné de faire feu sur toute personne manifestant sa présence à la fenêtre. La "parade de la victoire", dans le décor irréel de ruines pavoisées de croix gammées et quadrillées de soldats armés jusqu'aux dents, célébrait l'installation de l'occupant et la soumission d'une ville que Hitler se promettait de réduire aux dimensions d'une bourgade allemande. A Varsovie, dévastée par quatre semaines de bombardements, et surtout jugée trop peu sûre, allait être préférée Cracovie pour être le siège du Gouvernement général --entité administrative créée le 12 octobre avec à sa tête le chef nazi et ministre du Reich, Hans Frank (pendu à Nuremberg le 16 octobre 1946). Conformément aux clauses du pacte Ribbentrop-Molotov, la Pologne venait d'être partagée, le 28 septembre 1939, prise en tenaille, malgré une héroïque résistance, entre les deux envahisseurs nazi (1° septembre) et soviétique (17 septembre). Le territoire de la jeune République, née au lendemain de la 1° Guerre mondiale et de la guerre polono-bolchévique, était dépecé en trois morceaux : une partie ouest annexée au Reich, une partie est annexée à l'URSS, un petit trapèze central constitué par le Gouvernement général, et où il n'y avait plus ni Pologne, ni Etat polonais, ni institutions polonaises. L'ordre régnait dans la capitale déchue, qui allait être placée, de la mi-octobre 1939 jusqu'à la déroute finale des Allemands en janvier 1945, sous la main de fer de Ludwig Fischer (pendu à Varsovie le 8 mars 1947). Ce 5 octobre de sinistre mémoire marqua le début de plus de cinq années de terreur graduellement accentuée, jusqu'au paroxysme de l'insurrection d'août-octobre 1944. Ce fut en effet également le 5 octobre, cinq ans plus tard, qu'après la capitulation des insurgés de Varsovie, les combattants de l'AK, reconnus prisonniers de guerre, déposèrent leurs armes avant d'être rassemblés pour partir en captivité dans le Reich. Elisabeth G. Sledziewski
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