
On savait depuis longtemps que les Russes avait la fâcheuse habitude d'écrire les conclusions d'un rapport avant d'avoir tracé les premières lignes d'une introduction. Le génie littéraire russe est encore démontré avec le rapport du bureau MAK concernant le crash de l'avion présidentiel polonais qui vient d'être donné à la presse.
Ce rapport se contente juste de reprendre les accusations lancée lors des premières heures et des premiers jours après « l'accident », à savoir, exonérer le personnel militaire russe de toute faute et accuser les Polonais.
En fait rien de bien nouveau comme méthode depuis le génocide de Katyn perpétré en 1940 par la police politique soviétique , massacre qui avait été attribué immédiatement par les autorités aux Allemands. Ce n'est pas nous, c'est les autres !
Le rapport définitif russe concernant le crash du TU 154 à Smolensk reprend donc avec aisance les bonnes vieilles méthodes, relayé en plus par une presse internationale peu soucieuse de vérifier la moindre information.
Ce rapport fait donc l'impasse sur l'essentiel, se concentrant juste sur quelques personnes beaucoup plus facile à attaquer.
Les pilotes, le Général Blasik et bien sûr, l'ennemi numéro un, le Président polonais Lech Kaczynski qui par sa seule présence a réussi à stresser l'équipage de l'avion.
Le général Blasik, lui est accusé d'avoir eu de l'alcool dans le sang. Peu importe s'il a fallu plus de 10 jours pour identifier le corps, peu importe si le taux annoncé ne correspond à rien, peu importe si le fait de servir un verre d'alcool à un passager dans un avion n'a jamais provoqué le moindre accident, l'important est d'associer alcool et Pologne. L'opinion ne retiendra que ça. Une propagande bien huilée choisie toujours les mots qu'il faut.
L'essentiel est où ?
Et bien il faudra attendre. Tous les éléments important ne sont pas dans le rapport. Il est pourtant prouvé que l'altitude du Tupolev était fausse. Altimètre défaillant ou fausses données envoyées à l'équipage ?
Si l'avion avait été guidé correctement sur la piste,(par les contrôleurs de Smolensk) ce problème d'altitude n'aurait peut être pas été d'une importance capitale. Mais avec un appareil se trouvant décalé d'environ 70 m de la piste, il n'y avait plus aucune chance que le Tupolev puisse atterrir ailleurs qu'au milieu des arbres.
Afin d'en savoir plus, il aurait été intéressant d'avoir les dernières minutes des conversations entre la tour de contrôle de Smolensk (sorte de cabane à lapins ou de baraquement pour SDF) et les pilotes du Tupolev.
Si quelques bribes avaient été publiée la totalité des enregistrement risquerait d'être gênante pour tout un tas de monde. Les derniers mots des pilotes sont cruciaux pour l'enquête et pour la compréhension du crash mais il y a peu de chance que ces paroles soient un jour publiées. Secret défense !!!!
En attendant, les responsables polonais ont ramassé une véritable gifle. Mais ceux-ci n'ont-ils pas un peu trop joué en laissant toute l'enquête dans les mains des Russes et surtout en exploitant le crash à des fins politiques ?
Aujourd'hui le gouvernement Tusk demande un arbitrage international. Peut être un peu tard mais une décision qui permettra de gagner du temps et de préparer plus sereinement les prochaines échéances législatives qui s'annoncent en Pologne. Quand à la réconciliation polono russe et bien il faudra attendre, mais ça, pas grand monde n'avait de doute.
Stéphane