Le 14 février 2002 : Après la publication de l’article « D’ici viennent ses origines », le Français Jean-Marc Cymerman a retrouvé ses parents en Pologne.

La famille à nouveau réunie

Le petit-fils de Jean Boleslaw Cymerman, émigrant de Pabianice, avait cherché sa famille dans la ville natale de son grand-père. Il ne pensait pas qu’en quelques jours il parviendrait à retrouver ses cousines. Même si, pour l’instant, il ne les connaît que par photos, cela le remplit de joie. Il a envoyé une seconde lettre à la rédaction du journal : « Je vous remercie cordialement pour votre article ». Jean-Marc Cymerman a écrit partiellement en polonais, avec un dictionnaire franco-polonais (c’est très difficile!). «Que je suis heureux ! » La famille Cymerman s’est retrouvée. Quel moment merveilleux ! Jean-Marc est fatigué, mais très heureux. Il remercie encore une fois pour ce splendide cadeau.

La première cousine :

Agnieszka Karbownik a envoyé de bonnes nouvelles en France de Pabianice. Elle était la première. « Mercredi, mon frère Marek m’a appelée et il m’a parlé de l’article dans le journal. Je n’en croyais pas mes yeux. Dans le journal on parlait de mes arrière-grands-parents. Vers 17 heures, j’ai envoyé un mail à l’adresse qui se trouvait dans le journal, en dessous de l’article publié », dit Madame Agnieszka. « Avec la lettre, j’ai envoyé une photo des monuments funéraires où reposent les arrière-grands-parents de Jean-Marc et de moi-même. C’est un tombeau de Marianna et Andrzej Cymerman. Après 5 heures Jean m’a répondu par mail. Ses arrière-grands-parents habitaient dans notre ville. C’est tout ce qu’il en savait. Mon grand-père Wladyslaw était un frère de Jan Boleslaw. Il habitait 10, rue Lutomierska où il tenait une menuiserie. La grand-mère Aniela ne travaillait pas, ajoute-t-elle. Agnieszka Karbownik de Pabianice, 31 ans, et Jean Marc Cymerman sont sûrement des parents. Le frère d’Agnieszka est son cousin. Depuis 2 semaines la famille retrouvée échange très souvent des lettres via Internet. Notre papa, Ryszard, disait souvent qu’il avait une famille en France, mais personne ne le croyait, se rappellent-ils. C’est dommage qu’il ne soit plus là. »

La deuxième cousine :

Jolanta Chodkiewicz a écrit une lettre manuscrite et l’a envoyée par la poste. Wladyslaw et Aniela Cymerman étaient également ses grands-parents. Cette lettre n’est arrivée en France qu’il y a quelques jours. « C’était un cadeau pour son 55e anniversaire qu’il a fêté le 6 février », dit Dagmara Szymanska, fille de Jolanta. Jean-Marc a remercié sur-le-champ par mail. A présent, la famille fouille dans des albums de vieilles photos recherchant des ancêtres communs. « On a trouvé une photo des années 70 qui représente Dagmara en robe de communion, Agnieszka avec un cierge à la main, cousine Magda et Jolanta Chodkiewicz près du tombeau de Marianna et Andrzej Cymerman (la photo ci-dessous). « On suppose que Jean-Marc viendra à Pabianice…», ajoute Agnieszka. « Dans chacun de ses mails il écrit « à bientôt » en polonais. Peut-être nous rendra-t-il visite. Il a découvert qu’en polonais il s’appelle Jan Marek et depuis c’est ainsi qu’il signe ses lettres. »

La troisième cousine :

« Je suis une petite fille de Franciszek et Stanislawa Cymerman », dit Barbara Zajkiewicz. « Marianna et Andrzej sont mes arrière-grands-parents. J’habite dans notre ville natale rue Lutomierska.. Nos arrière-grands-parents et nos grands-parents y vivaient aussi. On suppose que Jan Boleslaw y habitait aussi avant son départ en France ». Pour le prouver Mme Barbara sort une pile de photos. C’est la famille française. « J’ai trouvé ces photos dans le grenier », dit-elle en indiquant les images jaunies par le temps. Le plus probablement elles représentent Jan Boleslaw avec son épouse Angelina et leurs enfants (la photo ci-dessus). Le petit garçon sur la photo serait le père de Jean-Marc. Mme Zajkiewicz possède également l’acte notarié écrit le 25 juillet 1928. Il en résulte qu’en 1902, Andrzej Cymerman a acheté une partie du hameau seigneurial situé dans le village Karniszewice, commune Gorka Pabianicka. Cela comprenait approximativement 2.5 hectares* de terre, y compris l’immobilier. Pour le tout, il a payé les 500 roubles grâce à la dot de sa femme. Il a divisé la terre arable en parcelles et l’a vendue. Il n’a gardé que 2 maisons et un verger qui se trouve rue Lutomierska. En 1928, il a réparti son patrimoine parmi ses enfants : sa fille Pelagia Kolasa et ses fils Wladyslaw et Franciszek. « Je ne parle pas bien le français, je ne me rappelle pas grand chose de l’école…», avoue Mme Zajkiewicz. Puis-je lui écrire en polonais ? demande-t-elle. Heureusement le Français a trouvé un interprète qui lui traduira ce que lui écrit sa famille polonaise. Mme Barbara envisage d’envoyer à son cousin une longue lettre. Elle va ainsi lui confirmer que leurs arrière-grands-parents vivaient de la terre. Elle va également dévoiler que l’arrière-grand-mère Marianna Cymerman, Zwanska de son nom de jeune fille, ne savait pas écrire. Elle va énumérer les frères et sœurs de Jan Boleslaw. Ils étaient 9, 4 frères et 5 sœurs, compte-t-elle. Zajkiewicz ignorait qu’elle avait des parents à Pabianice, elle ne connaissait ni Agnieszka Karbownik, ni Jolanta Chodkiewicz, ni Marek Cymerman. « Je suis aussi surprise que Jean-Marc…», ajoute-t-elle. « Je suis très contente qu’après de nombreuses années la famille se soit enfin retrouvée ».


*Morga = ancienne mesure de surface polonaise, 1 morga=0,56 d’hectare