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Histoire de retrouvailles !




Photo de famille à Pabianice



Hommage à mon père
Au risque de me répéter et de lasser ceux qui ont déjà lu mes récits, je vous propose de vous raconter l’histoire presque incroyable que j’ai vécue à l’occasion de mes recherches généalogiques paternelles.

Je ne vous cacherais pas que des pressions ont été exercées sur ma personne afin que je le fasse, comme quoi il n’y a pas qu’en politique que cela existe, mais aussi sur Beskid.
Et bien, vous ne me croirez peut-être pas, mais au début, ce n’était qu’un rêve !
Un rêve qui mit très longtemps à mûrir puisque celui-ci date du 14/08/1979 comme l’indique mon journal intime .
Ce fait paraît tout à fait troublant car c’est à cette même période qu’un de mes oncles de Pologne a entrepris des recherches pour nous retrouver en France, mais en vain.
Même si ceci n’est qu’un hasard, cela mérite d’être signalé, ne serait ce que pour comprendre à posteriori, le contexte des recherches qui fut le mien.
Avec le recul nécessaire, je vous raconte donc l’histoire des retrouvailles avec ma famille en Pologne qui a représentée un grand moment de ma vie, vécu presque en direct via Internet.


C'est donc sur un vieux registre manuscrit très épais, celui des mariages, que j’ai trouvé les renseignements les plus fiables car provenant probablement directement de mon grand-père en 1923 et pour cause.

Bien sûr, j'ai eu la chance extraordinaire que mes arrières-grands-parents étaient encore vivants cette année là, de ce fait, leurs coordonnées s’y trouvaient reportées.

Comment ai-je fait ensuite me demandent les Polonais sur Internet !

Et bien j'ai lancé des messages (comme on lance des bouteilles à la mer) reprenant les quelques renseignements que je possède sur ma famille en Pologne et que j’ai composé avec le guide de correspondance franco-polonais: http://www.pgsa.org/frenchguide.htm

Avec Internet (moteur Google), j’ai recherché les établissements publics et privés situés dans la sous-province (powiat) puis dans la localité où étaient censés vivre mes ancêtres au début du siècle.

Partout où je passais, je cherchais le terme "Kontakt" ou un équivalent et je laissais mon message avec un petit mot sympathique mais toujours sincère.

Aucune réponse des archives nationales, du secteur public et des grands journaux, seul le privé local m'a aidé, une agence de voyage, un serveur Internet et puis et surtout, un hebdo local dénommé « Zycie Pabianic ».

Je pense que sur la fin de mes recherches, le déclic est venu du fait que je disais être un descendant de Pabianice, c'est comme cela que j'ai attiré, je pense, la curiosité et ensuite la sympathie de mes correspondants sur place.

C’était le jour de Noël 2001, mon correspondant s’en souviendra toujours puisqu’il a transcrit ce souvenir dans son dernier article journalistique.

J’étais déjà très sensibilisé en cette fin d’année 2001 car un marché polonais était organisé pour la première fois par l’association Polonia de Raismes, hameau de Vicoigne (59) qui est le berceau français de mes grands-parents Jan Boleslaw CYMERMAN et Angélina FREYMONT tous deux nés en 1897.

Une journaliste prénommée Renata m'a donc proposé: je vais vous aider, écrivez-moi l'histoire de votre grand-père, je l'ai envoyée, j'ai joint une photo, je lui ai dit: vous avez carte blanche, elle m'a répondu: on y va, bonne chance.

Le coût ?

Nous n’avons jamais eu l'occasion d'en parler.



Renata et Jean-Marc



Premier article

Lettre envoyée à Zycie Pabianic

 

 


Article du 14/02/2002



Traduction de l'article du 14/02

 

 


Article du 13/6/2002


Traduction de l'article du 13/06

 

Le premier article concernant les recherches a été rédigé le 31/01/2002 par la copropriétaire du journal Zycie Pabianic d'après le texte que j’ai écrit avec les souvenirs de mon père accumulés petit à petit depuis deux années.

Celui-ci porte comme titre « STAD JEGO ROD » (D’ici viennent ses origines) et relate succinctement l’histoire de mon grand-père et exprime ma recherche d’informations concernant la famille en Pologne.

Mon père se souvient de beaucoup de choses et a gardé en lui des souvenirs impérissables de tout ce que mon grand-père lui disait, mais il n’est jamais parvenu à se souvenir du nom de la ville d’où il venait ni de l'année du mariage.

A cette époque, je ne connaissais pas réellement la fraternité découverte plus tard sur Beskid, ce premier texte a donc été traduit à Cracovie par une correspondante à qui je dois beaucoup aussi.

Quelques jours après, une cousine de Pologne m'écrit et des résidants n’appartenant pas à ma famille proposent même de m’aider (en anglais).

Je me souviens qu’à ce moment là mon cœur battait à plus de 140.

C'est totalement inouï, car le dernier contact entre mon grand-père et la Pologne a eu lieu vers la fin des années 30.

Après, semble-t-il, les adresses ont été perdues, des deux côtés, par les descendants.

Ma cousine Agnieszka me dit que son père Ryschard Cymerman décédé il y a 3 ans, à l'âge de 70 ans, lui parlait beaucoup de la France et de nous.

Il aura fait des recherches pendant longtemps, vers 1980, dit-elle, mais en vain.

Le plus douloureux pour elle, ce doit être cela, mais d'un autre côté, il me semble qu'elle doit ressentir un sentiment indescriptible de savoir que quelqu'un aussi en France a fait comme son papa et qu'il y est parvenu.

En fait, cette réussite, je la dédie à tous ces anciens qui ont essayé de renouer le contact entre la Pologne et la France, entre Pabianice (80.000 h) situé 17 km au sud-ouest de Lodz et Raismes (15.000 h) qui se trouve dans l’arrondissement de Valenciennes (59).

Il y a eu de suite un échange incessant de correspondances entre la Pologne et la France, avec la famille, la journaliste et même de jeunes habitants de Pabianice qui m’écrivaient en anglais et qui voulaient aussi nous aider.

Ma cousine m’écrit qu’elle est un peu jalouse que je connaisse plus sur les Cymerman (dixit) et est très étonnée que les conclusions ou suggestions de mon texte se soient avérées exactes ou très proches.

En Pologne, ils aiment bien ces histoires et la journaliste en a profité pour interviewer les membres de la famille habitant Pabianice afin d’écrire un article consacré à nos retrouvailles, il a été publié le 14/02/2002.

Celui-ci me fut envoyé en avant première, accompagné de photos expédiées de France par mes grands-parents (entre 1920 et 1940) et qui avaient été retrouvées dans un grenier en Pologne.

Je découvris cet article pour la première fois en direct sur l’écran, un soir vers 22 heures, accompagné de photos très émouvantes.

Chaque heure qui passait faisait remonter à la surface des souvenirs tels qu’il me fut impossible de dormir la nuit.

J’envoyais régulièrement à la journaliste, en pleine nuit, des messages comme si j’écrivais à mon propre miroir.

Il y avait le feu à la maison mais heureusement cela se calma vers 3 heures du matin.

Le lendemain, la journaliste avoua avoir ressenti un bonheur intérieur indescriptible (lors de la lecture de tous ces messages) et se sentait un peu comme dans la situation de l’actrice du film « Amélie Poulain ».

Cet article, qui je pense est le plus réussi de tous, relate les propos tenus par les personnes questionnées et est agrémenté par les photos de famille.

Ces recherches ont permis à la famille de se retrouver y compris en Pologne.

Beaucoup de descendants ne croyaient pas à l’existence d’une famille en France.

Leur connaissance du passé se limitait à la tombe de mes arrières-grands-parents et à leur demeure qui avait été rachetée par une inconnue, disaient-ils.

En fait, la surprise en Pologne fut grande d’apprendre que cette maison ancestrale est bien habitée actuellement par ma cousine Barbara issue d’une autre branche.

C’est elle qui a retrouvé dans le grenier une pile de photos expédiées de France et un acte notarié daté de 1928.

A la suite de tout ceci je décide d’aller passer un long week-end en Pologne du 31 mai au 4 juin 2002 sur l’invitation de ma cousine Jolanta.


A l’aéroport de Varsovie, je reconnais de loin, mes cousines Jolanta, Agnieszka et son époux Marek.

L’une des deux tient une photo en noir et blanc et semble me chercher parmi les voyageurs qui débarquent.

Je les reconnais de suite, la joie est immense, je les rejoins et demande à une personne qui était dans l’avion de nous prendre en photo.

L’accueil est formidable dans cet aéroport de Varsovie que je trouve si intime par rapport à Charles de Gaule à Paris que je venais de quitter avec une demi-heure de retard à cause d’une alerte à la bombe.

A cet instant précis, mes nerfs se relâchèrent après avoir vécu le dynamitage de la valise isolée qui représentait le danger.

Bref, embrassades, larmes, une rose à la main et cap sur Pabianice, à 130 km, vers l’appartement de ma cousine Jolanta.

Première surprise, invitation dans un restaurant de Pabianice le soir même.

Le lendemain, je ne m'attends pas du tout au marathon organisé par ma famille.

Je suis pris en charge par les cousines qui ont préparé mon emploi du temps.

Visite chaque jour de plusieurs familles, les larmes jaillissent (un peu) partout où je passe.

Le summum est atteint chez ceux qui ont cherché après nous vers 1980.

Le père de cette famille, Ryschard Cymerman, vient de partir il y 3 ans seulement, la veuve est très émue.

Personne ne voulait les croire au sujet de notre existence en France, ils se sentaient sûrement incompris et maintenant ce sont eux les plus heureux.

Visite au cimetière, d'abord vers celui qui nous a recherché (Ryschard père d’Agnieszka) puis sur la tombe des parents (Eugeniusz et Irena) de l’autre cousine Jolanta et enfin vers le tombeau de mes arrières-grands-parents (Andrzej CYMERMAN et Marianna SWANSKA) qui sont bien là, nés en 1854 et 1855 avec à leur côté mon grand oncle Wladyslas et son épouse Aniéla ainsi que l’époux décédé d’Alicja (78 ans) que j’ai surnommée : la dernière mémoire vivante.

Ce tombeau est situé dans un cimetière entièrement boisé comme je n'en ai jamais vu en France, dans un lieu intime et chaleureux où quelques rayons de soleil parviennent à pénétrer parmi les feuillus donnant le sentiment indescriptible de l'existence d'une réalité qui vous transcende.

A cet endroit précis, près d'une chapelle, le film de mes recherches généalogiques me défila à l'esprit.

La communion avec la Pologne approchait le sublime et j'avais toujours en tête la même pensée.

Est-ce possible ?

Suis- je vraiment sur Terre ?

Avec un peu de recul, des souvenirs me reviennent doucement.

Je pense à ma famille, à mes proches disparus et à tous ceux qui m'ont aidés, peu ou prou, ou qui ont simplement exprimés leur sympathie à mon égard.

La reprise de conscience se réalise lentement, ce fut un moment lumineux et sublime et cet instant magique restera gravé à jamais dans ma mémoire.

Un autre jour, visite de la propriété que mes arrières-grands-parents ont achetée en 1902.

Mon grand-père avait 5 ans à cette époque et c'est de là qu'il est parti pour la France vers 1919 à l'âge de 22 ans.

Une pile de photos jaunies, expédiées de France, a été retrouvée dans le grenier.

Celles que je n'ai jamais vues me sont offertes dont une portant quelques phrases écrites par mon grand-père en 1934.

Je demande à emporter un petit sac empli de terre noire du jardin et quelques galets.

Cette demeure a bien été rachetée par une descendante et les autres membres de la famille ne le savaient pas, nouvelles retrouvailles pour eux.

Le lendemain, pèlerinage à 20 km, au village de Mikolajewice situé au nord ouest de Pabianice, où est né mon grand-père.

Quelques maisons, une petite église en bois avec un intérieur raffiné et magnifique, le tout classé « à visiter ».

La famille passait ses week-ends dans la campagne environnante sans savoir que leurs racines étaient si prés.

Messe du matin, photos, promenade au cimetière.

Le lendemain, le curé nous accueille avec ses registres.

L'acte de naissance (ou de baptême) de mon grand-père est bien là avec mention, en marge, de l'envoi en 1923 d'un certificat (pour son mariage) à destination de la paroisse de Raismes via le diocèse de Cambrai.

Ma cousine retrouve, à sa grande surprise, des traces des 2 autres frères dont son propre grand-père mais aussi de notre arrière-grand-père commun, elle est folle de joie et le curé nous propose d'aller faire des photocopies à la ville voisine.

Le curé me montre un livre français qui se trouve dans les archives de la paroisse et me propose de le parcourir car il porte bonheur dit-il.

Est-ce mon grand-père qui l'a envoyé en remerciements ?

Je ne le saurais jamais !

Sur le départ, Il m’offre un évangile selon St Jean, une photo de l’église et une autre concernant un tableau ornant le cœur de l’église et qui représente le dernier repas du Christ.

Heureusement pour moi, ceci ne fut pas prémonitoire mais allez savoir vraiment si depuis ce jour là, je suis toujours le même, en l’esprit bien sûr.

Un autre jour, visite de la ville de Lodz, invitation dans un des meilleurs restaurants de la ville, là, je demande à payer la note, ils acceptent.

Un soir, je me souviens, mes cousines Jolanta et Agnieszka m'emmènent boire un café, disent-elles, pour nous détendre, c’est ce que j’ai cru comprendre.

Mais, quelle surprise !!!

Une vingtaine de personnes attendent mon arrivée, en arc de cercle, à l'entrée d'un restaurant en dehors de la ville.

Emotion garantie !

Installation sur une terrasse qui surplombe un étang, toast au champagne polonais sur l’air bien connu « sto lat, sto lat », photos de groupe pour la journaliste, individuelles pour les autres membres de la famille.

C’est à cet endroit précis, au milieu d’une partie de la famille réunie, que j’apprendrais que mes arrières-grands-parents avaient 3 fils et 4 filles que je cite dans l’ordre alphabétique: DOMICELA, FLORENTYNA, FRANCISZEK, JAN BOLESLAW (1897), MARIANNA (1884), PELAGIA, WLADYSLAW (1892).

Lendemain, visite au journal où je fais la connaissance de Renata qui me pose quelques questions, via une interprète, pour écrire son troisième article à paraître.

Elle me présente aussi un cousin Andrzej et son fils Maciek qui m’avait écrit en France, je les reconnais de suite, elle nous prend en photo.

Rapidement, ils me « kidnappent » aux yeux de mes cousines protectrices et marchandent pour me reconduire en ville, en un lieu précis, dans 2 ou 3 heures.

C’est l’escapade, en route pour une nouvelle aventure à 10 km du centre, dans une petite résidence de week-end au bord de la forêt.

Il est 14 heures, je viens de déjeuner légèrement mais je vais devoir assumer un autre repas polonais, vous savez, celui du début de l’après-midi, le plus légèrement « costaud ».

Heureusement, la vodka ne coulait pas, sinon c’était moi qui aurait coulé.

Il est 17 heures, le portable sonne, on me réclame en ville pour une garden party chez un autre cousin Marek Cymerman.

C’était prévu, j’assume et je ne serais pas déçu.

La veille de mon départ, cela continue chez une autre cousine Aleksandra accompagnée de son frère Bogdan dont la mère Alicja (78 ans) est la cousine directe de mon père.

Là, nous touchons au sacré, c’est la dernière de la génération née au début du siècle, elle est une mémoire vivante tout comme mon père.

Elle m’offre une grande quantité de nappes, broderies et napperons.

En fait, des cadeaux m’ont été offerts partout où je suis allé même chez les plus humbles.

Quant à l'émotion, n'en parlons pas, elle fût à l’avenant.....

La fin du séjour fut difficile tellement mon organisme souffrait d’avoir parcouru ce marathon, mais le bonheur reprenait le dessus même si je savais très bien ce qui m’attendait après.

A mon retour, j’ai eu la surprise de voir que la journaliste attribuait, par erreur, à mon père l’initiative des recherches dans le cadre du troisième article de presse qu’elle a intitulé
« LE PLUS BEAU CADEAU DE LA VIE »

Mais qu’importe !

J’ai effectivement dit ceci et je le pense encore et toujours car réellement, croyez moi, ce fut beau, ce fut bien et ce fut bon même si désormais je ne serais plus jamais comme avant, car je dois bien l’avouer, au début, ce n’était qu’un rêve…..


Jean-Marc Cymerman ( Jan-Marek )
jeanmarc.cymerman@free.fr



Accueil aéroport Varsovie



Accueil: Réception surprise




Garden-Party cousin Marek




Tombeau familial




Intérieur maison ancêtres




Maison campagne cousin Andrzej




Eglise de Mikolajewice




Eglise de Mikolajewice ( int. )




Eglise de Mikolajewice (côté cour)




Réception surprise




Réception surprise




Enfin seul avec les cousines !




Quelques descendants en Pologne



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