
Le 10 février 1940, pour le
petit village de Czerwony Jar, tout à l'est de la Pologne, débute un
cauchemar qui durera six ans. A l'aube, les habitants sont brutalement
arrachés à leur terre et à leur foyer, sur ordre de l'occupant
soviétique. Ils comprennent vite qu'ils vont partir en exode forcé vers
la Sibérie. Et c'est l'interminable voyage, en wagons à bestiaux,
auquel tous ne survivront pas. L'apprentissage de la vie au Goulag au
sein de la taïga, milieu naturel totalement nouveau pour eux, est
difficile. Mais en dépit de conditions d'existence extrêmes, du travail
pénible, de la faim permanente, du typhus, la vie garde ses droits, et
la solidarité villageoise joue pleinement pour assurer la survie du
groupe, face à la terreur et à la délation qui règnent en maîtres dans
le camp. A l'été 1941, après l'invasion hitlérienne de l'URSS, les
alliances se modifient et une amnistie de tous les citoyens polonais
est décrétée. Pour les déportés, désormais libres, renaît un fol espoir
de retour au pays. Mais à l'Ouest, la guerre fait rage, et dans l'état
d'isolement et de dénuement qui est le leur, le rêve apparaît vite
difficilement réalisable sans une intervention extérieure. Les
aurait-on oubliés ? Il faudra quatre longues années pour que le
rapatriement s'organise. Vers quelle Pologne ? Que vont-ils retrouver
après le gigantesque chambardement qui a liquidé des ethnies entières,
déplacé des populations, modifié des frontières ? Malgré les terribles
réalités qu'il évoque, un grand souffle épique traverse le magnifique
récit de Zbigniew Domino, œuvre de fiction dont les personnages sont
nos frères.
Biographie de l'auteur
Né en 1929, déporté en Sibérie avec sa famille à l'âge de dix ans,
Zbigniew Domino y passa sept ans. Après la guerre, il étudia le droit,
et fut tour à tour procureur militaire, diplomate et journaliste. Venu
tard à l'écriture, il est l'auteur de plusieurs volumes de nouvelles et
de romans souvent à connotation autobiographique. Il est impliqué dans
les organisations polonaises qui perpétuent le souvenir de près d'un
million de Polonais déportés en URSS.
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