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Catherine était favorable au principe d'un démembrement de la Pologne et après beaucoup d'hésitations et deux ans de marchandage, l'impératrice Marie-Thérèse s'y rallia.
En 1772, Frédéric prit la Poméranie et la Prusse royale, moins Torun et Danzig ; l'Autriche annexa la Galicie et une partie de la Podolie, la Russie se contenta d'une partie de la Lituanie et de Ruthénie Blanche, mais elle se réservait le protectorat sur le territoire de la République.
Le premier partage était consommé. La diète siégea jusqu'en 1775 pour procéder aux réformes. Si les querelles religieuses s'apaisèrent - les dissidents ayant acquis l'entière liberté du culte - le pouvoir exécutif, confié à un conseil permanent de trente-six membres, enleva au roi la direction des affaires étrangères. Malgré les multiples entraves mises à son autorité personnelle, Stanislas voulait réellement parvenir à une restauration intérieure ; ainsi, il rénova l'Education nationale et favorisa la diffusion des " idées nouvelles ". une loi autorisa les nobles à déroger en exerçant des métiers et en commerçant.
Entre 1775 et 1788 la petite noblesse constitua un véritable parti national. La Grande Diète, sorte d'assemblée constituante, siégea de 1788 à 1792. Elle fut naturellement très influencée par les événements de France. Une Constitution, élaborée dans le secret, fut votée en bloc, le 3 mai 1791, sous la devise des physiocrates : " Liberté, Sûreté, Propriété ". Le droit de vote était supprimé aux gentilshommes sans terre, clientèle trop docile des magnats, et les pouvoirs du sénat réduits. La couronne devint héréditaire dans la maison de Saxe : La Pologne était donc une monarchie constitutionnelle.
Cette rénovation, comme celle de 1767-1768, devait inquiéter la Prusse et la Russie, qui trouvèrent des alliés dans les magnats conservateurs qui se confédérèrent à Targowica. Les armées russes envahirent une fois de plus le territoire et forcèrent les lignes du Bug. En janvier 1793, les Prussiens occupaient la Grande Pologne. Danzig était prise d'assaut. La Pologne s'adjugea une grande part des provinces de l'Est. Dans un silence tragique, la " diète muette " de Grodno entérina le 23 septembre 1793 le deuxième partage.
Cependant, même dans cet Etat mutilé qui ne comptait plus que trois millions et demi d'âmes, l'unité n'était pas faite. L'union se fit contre l'occupant : le général Kosciuszko, célèbre pour sa participation à la guerre d'Indépendance américaine appela la nation à se soulever en mars 1794. A la fin d'avril, la Pologne était libérée, un " Conseil national suprême " prenait le pouvoir. Le 7 mai, Kosciuszko, chef du gouvernement insurrectionnel, décidait l'abolition du servage, la limitation de la corvée et l'interdiction de chasser les paysans de leurs terres. Les moyens matériels restreints, le manque d'armes, l'éloignement de la France révolutionnaire, elle-même aux prises avec une intervention étrangère, accélérèrent la chute de l'insurrection.
Les Prussiens furent victorieux à Cracovie le 15 juin, les Russes à Maciejowice, le 10 octobre. Stanislas confia en vain la malheureuse Pologne à la générosité de Catherine II avant d'abdiquer le 25 novembre 1795 : le royaume fut complètement dépecé
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