"La Pologne est un modèle pour tous": telles
ont été les paroles du président de la Fédération
mondiale du volley. Découverte de l'originalité
du volley polonais.
Alors que tout le monde redécouvre avec joie le football
polonais, il existe aujourd'hui une autre discipline sportive
qui fait vibrer le coeur de nombreux Polonais et Polonaises: le
volley-ball. Découvrons ensemble ce sport dans la Pologne
d'aujourd'hui.
Longtemps ignoré par les Polonais malgré d'excellentes
performances au milieu des années 1970 ( titres de champions
du monde et olympique), le volley-ball s'est imposé en
Pologne depuis quelques années comme le sport d'équipe
attirant le plus de public. Ainsi, les matches du championnat
national sont très suivis par des fans toujours plus nombreux
à vouloir apprécier un jeu de qualité (en
moyenne, 8600 spectateurs). Ce qui fait de la Pologne, tenez-vous
bien, la deuxième nation AU MONDE où ce sport est
le plus suivi sur les terrains... Des chiffres d'autant plus renforcés
par le fait que les équipes polonaises masculines et féminines
n'ont aujourd'hui absolument rien à envier aux clubs étrangers,
comme le prouvent les très bons résultats d'équipes
en coupes européennes, tels que le Mostostal et le Galaxia
Czestochowa. Mais là où vous pouvez vous rendre
compte de l'énorme masse populaire adorant le volley, c'est
lors des rencontres du Six National, qui a trouvé en l'opérateur
de téléphonie mobile Plus-GSM un puissant sponsor.
Figurez-vous qu'à chacune des rencontres des "Bialo-Czerwoni",
ce sont près de 12000 personnes qui prennent place dans
les tribunes: soit le double de la moyenne des spectateurs se
ruant dans les stades chaque week-end du Legia Varsovie ou encore
du Wisla Cracovie! Cet impressionnant intérêt porté
à une discipline sportive dominée par les Italiens,
les Russes, les Brésiliens et Cuba de la part des Polonais
a non seulement donné des ailes à l'Equipe Nationale,
mais a de plus permis l'organisation de la Ligue Mondiale'2001
réunissant les meilleures représentations du globe
sur le sol polonais! En effet, les supporters rouges et blancs
étant de façon unanime considéré par
les puristes du volley comme les meilleurs au monde, la Fédération
internationale (FIVB) a nommé la Pologne pour accueillir
ce prestigieux rendez-vous, de peur de voir peu d'affluences sur
les terrains dans un autre pays. Un problème qui touche
notamment les Américains, dont les dirigeants affirment
en riant qu'il faudrait décharger à New York des
avions pleins de supporters polonais... D'autant plus que ces
derniers poussent leur équipe du début à
la fin. Ainsi, après une défaite face à l'adversaire
héréditaire, la Russie, le public resta longtemps
debout à chantonner et à remercier les joueurs du
Six National pour leur jeu. Le sélectionneur russe était
abasourdi: "Cela fait trente ans que je fais partie du monde
du volley, mais jamais, JAMAIS je n'ai rencontré un public
aussi chaleureux!".
Finalement, ce qui devait arriver, arriva: la Pologne émerveilla
le monde du volley pour avoir organisé la manifestation
de façon si parfaite. "Vous avez organisé les
meilleures phases finales de la Ligue Mondiale de l'histoire!
Tous les pays du monde devraient vous prendre pour modèle
et suivre vos traces" a ainsi déclaré, ému,
le président de la FIVB, le docteur Ruben Acosta. Il était
complètement sous le charme de ce qu'il a vu dans le formidable
"arène" de Katowice: une ambiance unique typiquement
polonaise, où musique, chants et jeux du public se mêlent,
avec en plus un appel original des joueurs en début de
match par le speaker, dans le noir mais avec des projecteurs de
toutes les couleurs et des pom-pom girls : un véritables
show... Rien de plus banal et normal pourtant aux yeux des Polonais!
20000 zlotys ont également pu être récolté
pour aider un enfant atteint d'une grave maladie. C'est aussi
ça, l'esprit sportif! Des nombreux records ont été
battus. D'un point de vue sportif, ce fut la première fois
que huit formations participaient à la Ligue. En ce qui
concerne les gains pour les équipes, ils n'ont jamais été
aussi élevés auparavant (15 millions de dollars
au total, à comparer avec les 8 de la précédente
édition). Quant au contrat avec la télévision
publique polonaise, la TVP a revendu à d'autres stations
les droits TV, ce qui a permis à 750 millions de téléspectateurs
de profiter du spectacle...
Le Six National a certes terminé septième au classement
final, il n'empêche que les Piotr Gruszka, Dawid Murek,
Marcin Prus, Pawel Papke, Jaroslaw Stancelewski et autres Andrez
Stelmach (tous champions d'Europe 1996 et du Monde 1997 chez les
Juniors ), qui faisaient déjà figure dans leurs
équipes (polonaises et italiennes surtout) d'éléments
talentueux, ont montré qu'il faudra compter sur eux à
l'avenir. D'autant plus qu'ils sont très jeunes, et qu'ils
ont donné du fil à retordre aux futurs vainqueurs
de la compétition, les Brésiliens, et battant les
Français au passage.
Il y avait une époque pas si lointaine (jusqu'en 1998)
où les Polonais devaient donner des pieds et des mains
pour se faire accepter au sein de la FIVB. Aujourd'hui, du point
de vue des propres dirigeants de la Fédération internationale,
une compétition de haut niveau sans la Pologne serait tout
simplement impensable, tant au niveau sportif que de l'ambiance.
En pleine expansion, le volley masculin et féminin polonais
est condamné à gravir les échelons dans les
années à venir. Faisant déjà partie
de l'élite européenne , il ne serait pas étonnant
que d'ici quatre à cinq ans que l'Aigle polonais batte
des ailes et vole à la quête de sa couronne mondiale...
Adam Zohry.