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« LE CINEMA ET MOI »
Krzysztof Kieslowski
Ed. Noir sur Blanc, 2006,
trad. Margot Carlier-Véronique Patte

La projection du film « Tu ne tueras point », élément très fort du « Décalogue » de Krzysztof Kieslowski (1941-1996), avait tétanisé le Festival de Cannes en 1988 (Prix spécial du jury). Un événement qui fut suivi par un véritable tsunami de louanges à l’adresse d’un cinéaste polonais alors quasiment inconnu du public occidental. Les amateurs du 7e art n’ont pas oublié non plus d’autres titres phares tels « La double vie de Véronique » ou «Trois couleurs. Bleu », ou « Blanc » ou « Rouge ». Unanimes, les critiques qui ont décortiqué son art ont, depuis longtemps, placé KK le modeste parmi les réalisateurs les plus importants du XXe siècle. C’est à l’occasion du 10e anniversaire de sa mort que ce livre a été publié, tandis que partout en Pologne en particulier et dans le monde en général, le public était invité à revoir les films de ce cinéaste que Cannes continue d’honorer en décernant chaque année le « Prix Kieslowski ».
Cet ouvrage original n’est donc pas une étude de plus de l’œuvre de KK, mais bien plutôt, sous ses aspects autobiographiques, l’histoire de la naissance de KK au cinéma, telle que recueillie lors d’entretiens et publiée, dans une première version en langue anglaise en 1993 déjà sous le titre « Kieslowski by Kieslowski », puis en Pologne en 1997, un an après sa mort. Passionnante, car le lecteur a l’impression que KK se raconte pour lui seul, la présente version 2006 a été entièrement revue, augmentée par des inédits très personnels, ainsi que par une série de photographies.

Né dans une famille souvent en manque d’argent et se déplaçant fréquemment d’une ville à l’autre en raison de la tuberculose du père qui fréquente les sanatoriums, KK évoque son enfance plutôt errante, sa passion précoce pour la lecture, le premier film occidental qu’il découvre à l’âge de 7-8 ans, puis ses hésitations adolescentes, son manque d’enthousiasme pour les études. Survient le coup de foudre pour le théâtre, à son plus haut niveau en Pologne à la charnière des années 1950-60. KK est alors inscrit au Lycée technique des métiers du théâtre à Varsovie. Puis, afin d’échapper au service militaire, il s’inscrit à l’Université, « tout le monde trichait », dit-il. Enfin, à sa troisième tentative, il est admis à l’Ecole de cinéma de Lodz. Surtout pour faire plaisir à sa mère, et par amour-propre, précise-t-il! Car la motivation, elle, avait fléchi. Et pourtant ! « L’école bénéficiait d’une excellente organisation (…) je faisais un ou deux films par an. (…) J’en suis sorti en 1968. Elle disposait d’un véritable espace de liberté et employait des enseignants remarquables. Les communistes ont tout sapé ». C’est vrai, KK n’a jamais aimé la politique, préférant rester en marge, observer ; il reproche d’ailleurs à son ami Andrzej Wajda d’avoir consacré quelques années à « une activité qui ne valait pas son talent ». Quoi qu’il en soit, KK débute sa fructueuse carrière en se consacrant au documentaire. Suivront des docu-fictions et des fictions. Les sujets ? Des histoires du quotidien, simples et banales, mais toujours en équilibre instable entre question et réponse, utile et futile, commencement et fin, enthousiasme et résignation, joie et tristesse, en laissant une large place à l’intuition, le pressentiment, avec en filigrane la vie en Pologne à ce moment-là. C’est la vision du monde de KK, pour trouver l’homme, sa force et ses faiblesses, le sens de la vie, jamais pour juger. Le réalisateur explique le contexte et les conditions de tournage de chacun de ses films avec force détails, il évoque ses doutes, ses difficultés, autant d’informations précieuses qui viennent compléter les analyses formelles de l’ensemble de son œuvre et que l’on trouve dans les ouvrages de spécialistes. Que KK ait réussi à filmer les audiences dans des tribunaux de droit commun et des tribunaux militaires en plein état de siège en novembre 1982 et que la seule présence de la caméra ait eu pour effet que toutes les peines furent assorties du sursis étonnera plus d’un lecteur ! « … les juges avaient peur de la caméra », (…) « ils s’angoissaient à l’idée d’être fixés sur la pellicule en train de prononcer un verdict injuste ». Tout aussi injuste fut la manipulation dont KK fut la victime après ce film, mais pour lui chaque chose porte enseignement. Ainsi le fait d’avoir par la suite tourné en Occident, qui lui rappelle combien, en Pologne communiste, il était facile de faire des films, puisqu’il n’y avait point d’enjeu économique…

La dernière interview de KK est également contenue dans ce livre qui le met en lien avec d’autres cinéastes de son temps, de même qu’y est répertorié l’ensemble de sa filmographie. Il n’échappera à personne que le compositeur préféré de KK fut Zbigniew Preisner, dont les musiques n’ont pas fini de bouleverser le public, notamment « Requiem Dla Mojego Przyjaciela », écrit après la mort prématurée de son ami Kieslowski…
(Sonia Graf Stawarz)

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« BALTHAZAR - Autobiographie»
Slawomir Mrozek,
éd. Noir sur Blanc, 2007,
trad. Maryla Laurent

livreUne année et demie après les Polonais, les lecteurs francophones peuvent à leur tour se pencher sur « Balthazar », un livre très attendu, le dernier Mrozek. Cette fois-ci, il ne s’agit ni de théâtre, ni de roman, encore moins de nouvelle, mais bien plutôt de prendre des nouvelles de l’auteur de Cracovie, victime d’un accident cérébral en mai 2002. Actuellement âgé de 77 ans, Mrozek a retrouvé mémoire et langage après une aphasie de laquelle il ne serait sans doute jamais sorti s’il n’y avait eu les encouragements et l’aide de Beata Mikolajko, sa thérapeute, qui l’a poussé à fouiller sa mémoire et à lui faire régurgiter des pans entiers de son existence. Un exercice salvateur, des milliers de pages péniblement écrites, puis de mieux en mieux !

« Balthazar », c'est-à-dire le Mrozek nouveau, l’homme d’après l’aphasie, celui qui écrit « … l’homme d’avant n’existe plus », ce Balthazar surgi dans un rêve parisien, ne se quitte qu’après avoir tourné la dernière page, c’est vraiment le roman d’une vie. Vie commencée près de Cracovie, alors « petite ville provinciale » et qui revient à Cracovie aujourd’hui tentaculaire, où vraisemblablement elle se terminera ; le plus tard possible on le souhaite pour cet immense écrivain longtemps exilé, mais qui ne doute plus de son appartenance à la Pologne.
C’est avec une grande honnêteté que Mrozek fait part de ses années mexicaines, et du retour final en Pologne dans les premières pages, puis de l’enfance au départ de Pologne pour plus de trente ans. Des événements qui l’ont formé dans un pays qui venait de recouvrer son indépendance, un pays arriéré avant qu’il ne traverse une guerre atroce, puis d’être happé par le communisme… Ensuite les premiers voyages à l’étranger, Russie, Autriche, France, Italie… On trouvera dans cette autobiographie qui ménage une large place aux relations familiales, un petit garçon très proche de sa mère, découvrant les réalités de la guerre à 9 ans, une guerre ô combien longue : « C’est en Pologne que la guerre avait duré le plus longtemps : cinq ans, huit mois et huit jours », le tiers de l’existence d’un gars de 15 ans. Puis un adolescent mal dans sa peau, « un décadent », qui cherche sa voie et trouve: «Je commençai à écrire à vingt ans. Le métier d’écrivain était le seul que je savais exercer à peu près correctement ». Et se méprend en s’inscrivant au POUP (parti ouvrier unifié polonais) avant de faire marche arrière, mais il a déjà écrit un long reportage pour vanter sur commande la nouvelle ville de Nowa Huta.

Mrozek ne dissimule rien de ses souvenirs, par exemple comment, pour laisser la place aux Allemands, les Polonais de Cracovie, « les vivants », remplacèrent dans le quartier de Podgorze les « anciens à jamais absents… Nous savions que l’extermination des juifs y avait été perpétrée (…) les habitants venaient d’être envoyés à la mort ». Ni comment, évoquant l’hiver 1952 et la guerre civile entre Polonais et Ukrainiens, « nous, les journalistes, et donc nos lecteurs, vivions dans une douce inconscience de ce qui se passait » : il y eut des milliers de morts… L’auteur nous présente ses amis et connaissances, dont Wyslawa Szymborska (Prix Nobel de littérature qui vit toujours à Cracovie), sa voisine à la Maison des écrivains avec nombre d’autres confrères, puis ses fréquentations de l’intelligentsia polonaise en exil tant en Italie qu’en France, les Czeslaw Milosz (encore un Nobel de littérature), Jerzy Giedroyc ou Gustaw Herling-Grudzinski notamment. Le plus extravagant est le premier voyage aux Etats-Unis, en paquebot s’il-vous-plaît, pour participer à la « summer school » dirigée par un certain Henry Kissinger…. Quantités de personnes et de lieux mentionnés dans ce livre intéressent bien entendu plus les lecteurs polonais, qui se sont littéralement rués sur « «Baltazar » dès sa sortie en mars 2006, néanmoins cette traversée du XXe siècle met en lumière nombre de points d’histoire ou de petite histoire parfaitement ignorés par les Occidentaux. Et tout y est écrit et dit dans ce style propre à Mrozek, l’air de ne pas y toucher mais allant à l’essentiel, avec lucidité, limpidité, sans fioritures ni pathos. Du grand art !
(Sonia Graf Stawarz)

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"Retour en Pologne"
Edmond et Alain Szelong
Editions Terre de Nos Racines

Un livre de 450 pages suivi d'un autre aussi épais pour raconter la vie de son père et grand-père est une entreprise risquée. Pourtant, c'est l'audacieux devoir de mémoire qu'ont entrepris les Szelong, père et fils, qui réussissent, par un travail très fouillé ou le talent se mêle à l'exigence, à tracer une passerelle entre passé et futur.
Aujourd'hui, après "Ozarow Les racines polonaises" et " Polonais en France", deux livres que les Polonais francophones connaissent bien, le troisième volet de la trilogie, "Retour en Pologne" arrive enfin.
Cet ouvrage raconte leur retour, trente ans après, dans la patrie de leurs racines. Pour la circonstance, leur fils cadet les accompagne.
Trente ans après… Que vont-ils découvrir ? Que sont devenus leur village, leur famille ?
Munis des passeports et visas nécessaires, ils se lancent dans l'aventure le 31 juillet 1961, l’année de la construction du mur de Berlin…
Après des passages de frontières angoissants, truffés de chicanes militarisées, après des contrôles humiliants, ils atteignent enfin leur but à l'issue d'un pénible voyage de deux jours. Ils retrouvent Ozarów et leur famille avec une intense émotion. Passée la joie des retrouvailles, ils apprennent les terribles faits qui ont ensanglantés le village et le pays tout entier au cours de la seconde Guerre mondiale. Quinze ans seulement après le conflit, les plaies saignent encore. Dans cette Pologne du début des années 60, sous tutelle soviétique, tout juste sortie d'une période de terreur communiste, ils partagent le quotidien d'une population confrontée aux pénuries, à la censure, aux suspicions et aux retards économiques.
Ecrit comme les deux premiers volumes, par le fils et le petit-fils de Michel et Monique, le témoignage de l'épopée de ces touristes des premiers temps est bouleversant. Il permet de mieux comprendre la Pologne d'aujourd'hui.


Pour tous renseignements:
Editions Terre de Nos Racines, 2 allée des Violettes, 59 126 Linselles.
mail: szelong@beskid.com

Bon de commande

« Le petit Mrozek illustré »
Slawomir Mrozek
Les Editions Noir sur Blanc, 2005

Souriez, vous êtes chez Mrozek ! Vous réfléchirez après.
Ce qui est bien, chez Noir sur Blanc, c’est qu’il n’est nul besoin, pour entrer dans l’univers d’un écrivain de la taille de Mrozek, d’un pavé qui vous démolit l’épaule lorsque vous le transportez dans votre besace : un livre au format poche suffit.
Slawomir Mrozek. Un monument de la littérature qui écrit depuis un demi-siècle.
Son théâtre est joué dans le monde entier, en Pologne bien sûr, et en France en particulier.
Professionnels, amateurs, tous succombent à l’irrésistible envie d’interpréter ses pièces au retentissement planétaire. Cet été, pour citer un seul exemple, les comédiens-vignerons du petit village de Chardonnay en Bourgogne donnaient leur version des « Emigrés » dans leur magnifique Théâtre de Champvent . Mrozek aurait apprécié !
On connaît moins cependant les romans et les nouvelles de l’illustre écrivain polonais né en 1930 près de Cracovie, ville où il vit depuis dix ans maintenant, après un long exil dans différents pays d’Europe et des deux Amériques. C’est donc précisément aux nouvelles qu’invite ce « Petit Mrozek illustré », recueil de textes aussi courts que variés, écrits tant en Pologne qu’ailleurs dans divers pays d’accueil entre les années 1960 et 1990 ; ils sont pleinement représentatifs de la veine, de l’esprit mrozekiens, dont nul ne ressort indemne.
Vous avez sans doute déjà médité, sourire aux lèvres ou en secouant la tête, devant certains comportements, certaines paroles, ou, plus grave peut-être, certains clichés véhiculés autour de vous, en public ou en privé, articulés par des proches ou des inconnus. C’est bien là la matière première de Slawomir Mrozek, qui, tel un entomologiste examinant à la loupe des insectes grouillant de partout ou tel un épervier guettant sa proie, scrute ses contemporains, partout où il se trouve. Et, tel un chirurgien outillé d’un scalpel, il décortique, analyse, puis passe au crible de la raison leurs faits et gestes. L’obstination stupide et bornée, la bêtise, la naïveté, la condescendance, l’égoïsme, l’orgueil, l’avidité, etc., font ici florès. On s’y reconnaît, soi-même ou les autres. C’est décapant à en rire aux éclats, à vous en glacer le sang. Mais c’est tellement vrai, tellement banal, qu’il faut qu’on nous le montre pour le voir encore! Ce « Petit Mrozek illustré » avec des dessins de Chaval, c’est la grande comédie humaine en caricatures, l’écriture de Mrozek, pas prétentieuse pour un sou ni à la recherche d’aucun effet de style, étant totalement visuelle, au service de tous nos petits et grands travers ; un catalogue qui commence avec « affaires et ambition » et qui se termine avec « zèle », en passant par « bureaucratie » et « culture », ou « progrès », « retraite » (ah, « Le gardien du vase de Chine » !) et « tourisme » (vive l’archéologie du futur!).
En trois mots, une lecture de notre image parfaitement lucide et saine, renvoyée par un miroir à peine déformant, une prose à rire, à se désoler ou à réfléchir. Pour le néophyte, elle agira tel un hameçon sur le poisson, lancé par un Mrozek toujours en pleine forme, malgré la plus inquiétante des alertes voici quatre ans (attaque cérébrale suivie d’aphasie) et qui, fin mars 2006, dédicaçait son « Baltazar » ou le livre de la re-naissance, à Cracovie, où la soussignée a eu la grande chance de lui serrer la main.
Pour rappel, les Editions Noir sur Blanc poursuivent, depuis plus de quinze ans, la publication en français des œuvres complètes de Slawomir Mrozek : de quoi remplir une bibliothèque ! Qu’on se le dise, en attendant la traduction en français de la biographie de la résurrection citée plus haut. Et entre-temps, lisez et souriez, vous êtes chez Mrozek !
Sonia Graf Stawarz

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« L’HIVER »
Andrzej Stasiuk
2006 - Les Editions Noir sur Blanc
Traduit du polonais par Maryla Laurent
Illustrations de Kamil Targosz

Avis aux amateurs de petites perles, « L’Hiver », le dernier Stasiuk traduit et publié par Les Editions Noir sur Blanc les comblera !
C’est en véritable orfèvre qu’Andrzej Stasiuk tisse de très brèves nouvelles : à peine 80 petites pages pour cinq d’entre elles, mais quels détails pour camper ses personnages et leur environnement en déliquescence, quelle force descriptive pour évoquer les confins de la Pologne (ou d’un monde, la Galicie qui lui est si chère), quelle poésie pour scruter et dire un univers qui s’en va et un nouveau qui vient, au moment précis où tous les deux se télescopent, en ce point défini et perdu d’Europe centrale, aux flancs d’une montagne, le mont Magura, théâtre de tant d’événements déjà ! Une montagne-personnage aussi importante que les Pawel, Mietek ou Grzesiek, ou encore l’Hiver lorsque, « Par une nuit silencieuse comme celle-ci, on entend vieillir le monde », tous héros et spectateurs de leur propre vie de cet opuscule à mettre entre toutes les mains et dans toutes les poches.
Chacune de ces cinq miniatures est si dense qu’elle fait défiler dans la tête du lecteur tout un film, un peu à la mode de Kusturica : ainsi en est-il de celui qui se contente d’approcher le luxe dans un magasin de meubles sans pouvoir rien acquérir et qu’une petite Fiat d’occasion soulagerait des essoufflements matinaux pour aller prendre son autocar quotidien; ou de celui qui ne verra jamais la Silésie, même si sa maisonnette s’effrite et rouille, mais qui sait mieux que ces Messieurs de Vienne comment débusquer le gibier dans « un monde qui se meurt » ; ou de celui qui laisse trotter dans son esprit toutes sortes de réflexions sur toutes ces choses devenues inutiles et qui finissent au ruisseau : les tracteurs Ursus ou les moissonneuses-batteuses Vistula, les pièces de vaisselle émaillées, les roues, les harnais, les faux … Nostalgique ? Oui, mais, surtout, vrai ! Et savoureux ! Un tout petit livre, mais un condensé du grand art de Stasiuk 
Pour mémoire, Andrzej Stasiuk a publié chez Noir sur Blanc, « Journal de bord », essai , dans « Mon Europe », 2004. Et en octobre dernier, au Salon du livre de Cracovie, ses admirateurs lui ont fait fête : il venait juste d’empocher le Prix Nike 2005 (sorte de Goncourt polonais) pour « Jadac do Babadag », un ouvrage dont on attend impatiemment la traduction française.
Quelques mots enfin sur Kamil Targosz, illustrateur de Stasiuk, peut-être son parallèle en matière picturale : né à Cracovie en 1969, il étudie à l’Académie des Beaux-arts de cette ville, section gravure, il réalise des affiches, des peintures murales, il expose dans de nombreux pays, et obtient quelques prix sur la scène internationale.

Sonia Graf Stawarz

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« KALEIDOSCOPE FRANCO-POLONAIS »
Ouvrage collectif sous la direction de
Bronislaw Geremek et Marcin Frybes
Editions Noir sur Blanc/Institut Adam Mickiewicz, 2004

Jeu de miroirs, comme l’indique son titre, publié pour accompagner « Nova Polska – Une saison polonaise en France », cet ouvrage à entrées multiples n’a rien perdu de son actualité en 2006. Car en 290 pages généreusement illustrées en couleurs et en noir-blanc, les 600 grammes de ce format oblong si agréable à la main qui le tient, donnent la mesure des relations franco-polonaises au fil des siècles passés et présent, dans des domaines aussi variés et complémentaires que l’histoire et la politique, le cinéma et les beaux-arts, la musique et la littérature, ou encore dans le domaine insoupçonné des publications polonaises en France.
Si l’on y retrouve Tadeusz Kantor sous les feux de la rampe en Avignon, Andrzej Wajda impliqué dans le 7e art hexagonal, Nadia Boulanger face à ses élèves polonais, Roland Topor, Slawomir Mrozek « écrivain français », la Bibliothèque polonaise de Paris, Adam Mickiewicz au Collège de France, une noria de peintres du pays de la Vistule à Montparnasse, le Nobel de littérature Czeslaw Milosz diplomate à Paris, Maria Leszczynska dans le lit de Louis XV son mari et Maria Walewska dans celui de Napoléon Ier son amant, on y trouve aussi des éclairages fort intéressants, grâce à un certain recul, sur le communisme, vécu en Pologne, théorisé et idéalisé en France, sur l’immigration polonaise en France durant le premier tiers du XXe siècle, sur l’élan de sympathie et de solidarité français envers « Solidarnosc », sur l’impact de l’Institut littéraire Kultura de Maisons-Laffitte et ses brillants animateurs Jerzy Giedroyc, G. Herling-Grudzinski ou Jozef Czapski, sur la pape Jean Paul II interrogeant la France lors de son mémorable voyage en 1980, sur les relations polono-juives et le ressenti de celles-ci en France, et j’en passe.
On l’aura compris, ce kaléidoscope fonctionne comme une mini encyclopédie, dispense des savoirs, en rafraîchit d’autres, rapproche à l’évidence de la Pologne toute personne un peu, beaucoup, passionnément intéressée par ce nouvel entrant dans l’Union européenne. Un pays qui demeure méconnu ici, qui ne se résume ni au plombier ni à l’infirmière menaçant l’emploi en France, mais une Pologne unie à la France par le passé, et une commune vocation européenne, quand bien même « Les rapports entre la France et la Pologne sont pathétiques, aussi bien par la forte présence des sentiments et émotions que par la persistance des rancunes et malentendus ». Ainsi Bronislaw Geremek commence-t-il sa remarquable introduction à cet indispensable ouvrage, compagnon de découverte pour les uns, outil de travail facile à consulter et précis dans ses commentaires pour les autres, toujours à la recherche de ce qui rapproche et sans jamais tomber dans le piège des clichés.
Sonia Graf Stawarz

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SIBERIADE POLONAISE
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«VADE-MECUM»
CYPRIAN NORWID
(Edition établie par Christophe Jezewski)

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GOMBROWICZ en Argentine 1939-1963

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Nouvelle édition revue et augmentée

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(Traduit du polonais par Margot Carlier)

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